Electronic Sound in a Shifting Landscape 

Du 18 juillet au 13 septembre 2014
Vernissage le 18 juillet à 20 h

PERFORMANCES

Le Révélateur : le 18 juillet à 21 h
Total Life avec Karl Lemieux : le 13 septembre à 21 h (Clôture de l’exposition)

DISCUSSION

avec Michaela Grill le 4 septembre à 19 h

> Dossier de presse

 
Un programme de Steve Bates en collaboration avec sixpackfilm et Index DVD (Vienne) incluant des œuvres de Siegfried A. Fruhauf, Michaela Grill, Elke Groen, Dariusz Kowalski, Annja Krautgasser, Kurt Kren, Johann Lurf, Dietmar Offenhuber, Billy Roisz, Leo Schatzl, Hans Scheugl, Lotte Schreiber, Michaela Schwentner et Peter Weibel
Dazibao a invité Steve Bates à préparer une exposition sur des œuvres dont l’articulation principale est le rapport entre son et image. Pour ce faire, Steve Bates a choisi de s’associer au distributeur viennois sixpackfilm et à Index DVD afin d’élaborer Electronic Sound in a Shifting Landscape, une sorte d’anthologie personnelle de la production audio-visuelle autrichienne des années 1960 à aujourd’hui.
 

La manière autrichienne dans la vidéo et le cinéma expérimental est remarquable, même unique à bien des égards. Des approches structuralistes absolues des débuts aux artistes contemporains du « bit-crunching » qui mêlent son, vidéo et performance, Electronic Sound in a Shifting Landscape cherche à faire des liens entre quelques-unes des migrations survenues d’un pôle historique à l’autre.

Dans chacun des films et des vidéos réunis ici, la mise en image du paysage et le son jouent des rôles critiques et c’est l’axe qu’emprunte ce programme. Le terme de
« paysage » est pris au sens large : des scènes de nature systématisées des premiers films de Kurt Kren, à la façon de reporter sur la ville une bobine de film complète dans Wien 17, Schumanngasse (1967) de Hans Scheugl, jusqu’au quadrillé urbain des paysages pixélisés de la génération actuelle.

Dans Wien 17, Schumanngasse de Hans Scheugl, une des premières œuvres structuralistes, le cinéaste conduit une voiture sur la rue Schumann tout en exposant une bobine de film 16 mm. Le film mesurant 30 mètres de long, parcourir la rue à une cadence de 24 images par seconde prend 2 minutes 15 secondes; la vitesse de la caméra déterminant celle de la voiture.

Wien 17, Schumanngasse figure parmi les deux films sans son de l’exposition. Est-ce que cela signifie que la trame sonore est inexistante? Nous pouvons presque entendre les sons de la voiture rebondissant sur la rue irrégulière de Vienne et du moteur accélérant et décélérant alors que Scheugl contrôle soigneusement sa vitesse pour arriver à destination à temps. Sachant comment le film a été tourné, c’est comme si nous entendions le décompte du chronomètre ou les dents de la caméra mordant la pellicule, ajoutant une tension insaisissable à un film somme toute anodin.

Tree Again (1978), une étude sur l’accéléré de Kurt Kren, ne comporte également pas de son. Du mouvement de ces images saisies tout au long d’un été sur un film infrarouge spécial, il se dégage toutefois une musicalité qui crée une sorte de pastoralisme peu associé au travail de l’artiste. Non seulement les sons de la saison qui passe sont implicites, des bribes d’événements traversent l’image : traînées de condensation d’avion, rafales de vent dans les branches et les feuilles, broutements des animaux, tous des éléments sonores perçus par le regardeur. Si nous prenons l’ensemble de toutes les trames sonores des films diffusés dans la galerie, telle une sorte de nouvelle œuvre sonore faite d’accumulations, Tree Again offre une pause nécessaire au sein de la composition, un intervalle, un espace entre. En théorie musicale, l’intervalle est ce qui permet au cerveau de déterminer la mélodie et démontre ainsi que le son a besoin d’espace entre ses propres bruits pour être entier.

Dans 3/60 Bäume im Herbst (Trees in Autumn) (1960) de Kren, une étude structuraliste portant sur des branches d’arbre agitées par le vent, il est possible d’interpréter faussement le son comme étant le grondement lo-fi d’un film optique endommagé mais en fait, Kren a créé la trame sonore en appliquant de l’encre de Chine sur le film. Le grondement qui en résulte est beau par sa simplicité et son timbre grave. Ici, la trame sonore accentue notre capacité d’unifier les images, de combler les ruptures visuelles de l’accéléré de chaque image. Le legato (lien) de la trame sonore contribue à adoucir le staccato (images détachées) du film.

Abbildung ist ein Verbrechen (La représentation est un crime) (1970) et Intervalle (1971) de Peter Weibel sont des œuvres conjointes qui explorent le transfert structurel de la télécommunication quand l’expéditeur se voit retourner son message sous forme inverse. Se tenant dans le parc du château Schönbrunn de Vienne, ancien siège de l’empereur autrichien, un narrateur (Weibel lui-même) décrit le processus de transfert entre médiums, pendant qu’on entend le son ambiant du parc en arrière-plan. Le narrateur braque un appareil photo Polaroid sur l’équipe de tournage et prend une photo. Dans Intervalle, cette image est diffusée dans une télévision installée dans le même jardin aux formes impeccablement détaillées, pendant qu’une onde sinusoïdale — une fréquence d’étalonnage généralement utilisée pour les tests et les calibrations à la télévision — diminue en volume et que la télévision se fond dans la ligne de perspective horizontale. Il est intéressant de noter le chevauchement entre le formalisme « artificiel » du jardin et l’onde sinusoïdale, un son qui ne peut émaner de la nature. Ce chevauchement de l’image et du son soutient une autre lecture du paysage : l’image même que l’homme se fait de la nature lui est retournée dans le dessin symétrique du parc ainsi que dans sa gestion et son contrôle du
« naturel ».

Certaines des œuvres du programme ont recours à l’accéléré pour accentuer la relation spatiale du paysage avec le temps : le film Tree Again de Kurt Kren déjà mentionné, tout comme son film 46/90 Falter 2 (1990), à l’origine un spot publicitaire réalisé pour le journal Falter. Comme le flux continuel de trains de Falter 2, Tabu Zone #2 (1998) de Leo Schatzl montre une « zone taboue » ceinturée d’un cordon de sécurité et filmée au fil des saisons. Sa trame sonore donne l’impression de petits moteurs grinçants faisant partie de la mécanique qui ponctue le temps. Les sons répétitifs en boucle confèrent au paysage clôturé une sorte d’enveloppe de protection absurde. Mais contre quoi? Contre qui?

Dans NightStill (2007), Elke Groen oppose la présence selon toute apparence fixe des Alpes autrichiennes à une séquence en accéléré montrant le mouvement infini de toute chose. Le rythme rapide de la trame sonore électronique souligne ces éléments dramatiques d’une nature « en accéléré ». Les quelques figures humaines qui apparaissent dans le paysage sont relativement immobiles alors que l’univers tout autour gravite en douceur.

Luukkaankangas – updated, revisited (2005) de Dariusz Kowalski emploie des séquences filmées par webcam pour l’Administration routière finlandaise qui gère les routes du pays. Accompagnées d’une trame sonore signée Stefan Németh du groupe Radian, les séquences lo-fi de ces routes de campagne enneigées prennent une allure romantique avec le passage de l’hiver, la neige et les ombres qui traversent les lignes artificielles des routes.

Lotte Schreiber propose, dans Borgate (2008), une étude sur le paysage de la cité moderniste Don Bosco à Rome, accompagnée d’une trame sonore symphonique et dramatique de Bernhard Lang. Borgate a recours à de lents panoramiques et à des citations de Pasolini, de Fellini et d’Antonioni pour explorer d’un point de vue architectural et acoustique cette utopie ratée.

Höhenrausch (Mountain Trip) (1999) de Siegfried A. Fruhauf montre une suite de cartes postales illustrant les iconiques Alpes autrichiennes. Les cimes rythmées et inversées prennent ici l’allure surréelle d’une représentation graphique tordue, telle une onde sinusoïdale, qui se joue contre un air folklorique alpin déformé et sonnant faux. Avec Höhenrausch, le son et l’image nous invitent à questionner les stéréotypes nationalistes de paysages et de cultures, ainsi que leurs représentations souvent gauches et gênantes.

paths of g (2006) de Dietmar Offenhuber propose, elle aussi, une représentation surréelle du paysage. Ici, Offenhuber conserve la trame sonore originale du film de Stanley Kubrick, Paths of Glory (Les Sentiers de la gloire), mais il fait subir un traitement numérique à l’image pour en tirer un paysage fragmenté, pixélisé, qui représente peut-être encore mieux le surréel des tranchées de la Première Guerre mondiale. Alors que la plupart des images originales ont été retirées et que les tranchées ont été réduites à des carrés de couleur qui en indiquent simplement les contours, la trame sonore révèle l’absurdité de la situation dans laquelle se trouvaient les soldats. Un paysage autrefois cohérent, entier, maintenant défiguré au point de ne plus être reconnaissable.

Cette présence du pixel nous mène à un corpus d’œuvres élaborées dans les années 1990 et au début des années 2000 par la nouvelle génération de vidéastes autrichiens qui se sert des ordinateurs et de la musique électronique pour mener ses expériences sur le son et le paysage. Souvent, la pratique de cette génération se trouve à cheval entre le cinéma, les clubs et les salles de concert, sans privilégier une forme plutôt qu’une autre.

Cette pratique s’est donc nourrie d’un questionnement sur les frontières entre la vidéo (d’art) et les vidéos (de musique); ces frontières se sont distendues et embrouillées. Une position anti-art marque une bonne partie de ces œuvres, mettant en question la relation entre l’art bourgeois et l’expérience de tous les jours dans la rue et les clubs. Plusieurs des artistes de cette génération ont grandi avec les revendications du punk, dans le contexte DIY de la techno naissante et de ses ramifications politiques. Et ces questions rejoignent des défis similaires, soulevés par le mouvement actionniste viennois ainsi que les films issus de ce groupe.

Annja Krautgasser, Billy Roisz et Michaela Grill font partie de cette génération et leurs œuvres, bien que fort différentes les unes des autres, privilégient des approches similaires, notamment celle d’accorder une importance égale à l’image et au son dans leurs œuvres, le son n’étant pas au service de l’image mais plutôt sur un même pied d’égalité avec elle. Dans certaines œuvres, le même crédit est accordé aux musiciens et au vidéaste.

Cela prend tout son sens sachant que Grill et Roisz se produisent également live en compagnie de musiciens et qu’elles utilisent des logiciels qui permettent une interpénétration totale du son et de l’image, où les éléments visuels fournissent le contrôle des données pour les paramètres sonores, et vice versa, ce qui donne une relation organique entre son et image à une grande partie de ce travail.

Les œuvres frame (2002, Annja Krautgasser), NOT STILL (2007, Billy Roisz), cityscapes (2007) et Hello Again (2006) (Michaela Grill) ont toutes quelque chose de résolument littéral tout en semblant souvent complètement abstraites. Les images urbaines traitées de Krautgasser et de Grill ainsi que les très gros plans de Roisz sur un disque vinyle, devenu paysage, sont tous ancrés dans une vision littérale de l’abstraction obtenue par l’échelle, le chevauchement, la saturation chromatique et le grain, ainsi que par une trame sonore de musique électronique complexe.

Les performances de deux groupes, Le Révélateur (Roger Tellier-Craig et Sabrina Ratté) et Total Life (Kevin Doria) avec Karl Lemieux inaugureront puis clôtureront l’exposition. Tous deux amalgament image et musique en une expérience organique et généreuse, proche de l’éthique de travail autrichienne dans sa recherche d’une expérience audiovisuelle totale.

Steve Bates

 


PROGRAMME

SIEGFRIED A. FRUHAUF
Siegfried A. Fruhauf (1976) est cinéaste, vidéaste et photographe et interroge le processus de fabrication de l’image. Il intervient méthodiquement sur la matière filmique pour rendre visibles les mécanismes cachés du processus cinématographique. Son travail est présenté dans d’importants festivals, notamment Cannes et Sundance.

Höhenraush (Mountain Trip) (1999) — 4 min., 16 mm, musique de Rainer Gamsjäger
Höhenrausch est un « myriorama » cinématographique construit à partir d’une multitude de cartes postales de l’Autriche et montrant, comme aucun autre médium, les clichés sous lesquels se présente un pays.

MICHAELA GRILL
Michaela Grill (1971) a fait des études à Vienne, Glasgow et Londres. Depuis 1999 elle a réalisé de nombreux films et vidéo, ainsi que des installations et des performances, en Autriche comme à l’étranger. Montréal accueille régulièrement ses performances.

cityscapes (2007) — 16 min., bande son de Martin Siewert
cityscapes est fait à partir d’archives du musée du cinéma autrichien. Des images sont isolées du flot cinématographique afin d’examiner le potentiel cognitif qu’elles recèlent.

Hello Again (2006) — 5 min., bande son de trapist
Hello Again est un « road movie » coloré et un vidéoclip conventionnel, à la fois du point de vue de la production (les images conçues pour une musique préexistante) et l’intention qu’il y a derrière.

ELKE GROEN
Elke Groen (1969) a fait des études d’architecture et de photographie et travaille depuis 1995 comme monteuse et réalisatrice. Elle a réalisé des courts métrages expérimentaux ainsi que des longs métrages documentaires en collaboration avec Ina Ivanceanu.

NightStill (2008) — 9 min., 35 mm, conception sonore de Dietmar Schipek
Les éléments en apparence immobiles des Alpes autrichiennes contrastent avec les séquences en accéléré, qui révèlent du mouvement en chaque chose.

DARIUSZ KOWALSKI
Dariusz Kowalski (1971), qui travaille aussi sous le nom de Dariusz Krzeczek, a étudié les arts médiatiques à l’Université des arts appliqués de Vienne. Membre fondateur du collectif Vidok (2000-2005), il réalise des vidéos, des installations ainsi que des performances audiovisuelles.

Luukkaankangas – updated, revisited (2005) — 7 min., son de Stefan Németh
Des séquences mélancoliques et lo-fi des routes de campagne finlandaises réalisées à partir des clichés fournis toutes les dix ou quinze minutes par les webcams de la Finnish Transport Agency.

ANNJA KRAUTGASSER
Annja Krautgasser (1971) est une artiste en arts médiatiques et architecte. Ses projets pour le Web, CD-Roms et œuvres vidéo ont circulé sur la scène internationale. Elle est l’une des membres fondatrices du collectif VIDOK (2000-2005).

frame (2002) — 5 min., musique de Radian
Une balade en voiture à travers la ville. Tant de
« réel » a été enlevé des prises de vue originales que l’image vidéo n’est plus composée que de débris et d’une structure rudimentaire.

KURT KREN
Kurt Kren (1929-1998) est un des précurseurs de la destruction de la continuité spatiale et temporelle au cinéma qui donnera naissance à l’expanded cinema. De sa documentation des actionistes viennois dans les années 1960 à sa mort, il laisse une œuvre imposante et célébrée.

37/78 Tree Again (1978) — 3 min., 16 mm, sans son
Un arbre grand et splendide entouré de buissons et de pâturages, de l’été à l’automne. Le film est fait d’une série d’images uniques prises d’un seul et même point de vue à l’aide d’une pellicule infrarouge couleur hypersensible.

3/60 Bäume im Herbst (Trees in Autumn) (1960) ‑ 5 min., 16 mm
Une étude structuraliste de branches qui oscillent. La bande son a été peinte à l’encre de Chine à même la pellicule par le réalisateur.

46/90 Falter 2 (1990) — 0 min., 35 mm, soundtrack by Wolfgang Ernst
Un flot continu de trains, à l’origine une publicité pour un journal viennois.

JOHANN LURF
Johann Lurf (1982) a étudié dans des écoles d’art à Vienne et à Londres. Ses courts métrages et ses installations ont été présentés et primés dans de nombreux festivals internationaux, notamment le Festival international du film de Vienne, le Festival international du film de Melbourne et le Festival international du film de Rotterdam.

VERTIGO RUSH (2007) — 19 min., 35 mm
VERTIGO RUSH est une succession d’images, de mouvements avant et arrière et de zooms dont l’accélération s’intensifie au point de rendre l’image « dissolue ». Par l’utilisation du « dolly zoom », tel qu’utilisé par Hitchcock dans son film Vertigo, Lurf crée un film frénétique et hallucinant, perturbant nos modes de perceptions habituels.

DIETMAR OFFENHUBER
Dietmar Offenhuber (1973) détient un doctorat en urbanisme du MIT, une maîtrise en arts médiatiques et sciences du MIT Media Lab et un diplôme d’architecture de l’Université technique de Vienne. Ses recherches portent sur le rôle des nouvelles technologies et la représentation dans la gouvernance des villes et le discours civique. Ses œuvres ont été exposées sur la scène internationale.

paths of g (2006) — 1 min. 27 sec., bande originale du film de Stanley Kubrick
Variation sur une scène de Paths of Glory de Stanley Kubrick alors qu’un long travelling dans la tranchée est réduit, visuellement, à l’essentiel tandis que la bande sonore reste intacte.

BILLY ROISZ
Depuis la fin des années 1990, Billy Roisz (1967) travaille intensément la vidéo et le son. Son travail porte sur les liens et les écarts entre la perception visuelle et auditive. Elle est l’une des figures les plus connues de la scène expérimentale autrichienne et est récipiendaire de nombreux prix.

NOT STILL (2008) — 10 min., bande son de dieb13 and eRikm
La source des images et des sons de NOT STILL est un disque vinyle. Au départ, un échantillon domine : le frottement d’une aiguille sur un disque dans une rotation sans fin.

LEO SCHATZL
Le travail de Leo Schatzl (1958) englobe l’installation, les objets et les pratiques de l’image. L’analyse ironique des systèmes de contrôle social, les expérimentations techniques pseudo-scientifiques et la
« manipulation » de nos habitudes visuelles à l’aide d’appareils constituent des aspects centraux de son travail.

Tabu Zone #2 (1998) — 4 min. 10 sec. 
Le passage des saisons sur une zone interdite ceinturée par une clôture enregistré durant cinq ans.

HANS SCHEUGL
Hans Scheugl (1940) est membre de l’avant-garde qui établit en Europe le cinéma structurel et le expanded cinema au cours des années 1960. Ses œuvres se penchent sur la dichotomie entre temps réel et temps du film et sur le film comme matériau et réalité.

Wien 17, Schumanngasse (1967) — 3 min., 16 mm, sans son
Le réalisateur parcourt en automobile la rue Schumann, à Vienne, d’un bout à l’autre en ajustant sa vitesse à celle qu’il faut pour exposer une bobine complète de pellicule 16 mm.

LOTTE SCHREIBER
Cinéaste et artiste, Lotte Schreiber (1971) a fait des études d’architecture. Ses œuvres ont fait l’objet de plusieurs expositions, ont circulé dans les festivals et lui ont mérité de nombreux prix, parmi lesquels celui du meilleur film expérimental au New York Underground Film Festival (2003).

Borgate (2008) — 15 min., musique de Bernhard Lang
Une étude topographique du projet moderniste d’habitations du quartier Don Bosco, à la périphérie sud de Rome, qui se présentait à l’origine comme le visage urbain de l’Italie moderne aux lendemains de la Deuxième Guerre mondiale.

MICHAELA SCHWENTNER
Michaela Schwentner (1970) vit à Vienne où elle enseigne à l’Institut d’art et de design de l’Université technique de Vienne et au Filmakademi Wien. Artiste conceptuelle travaillant la vidéo, le film et le son, son travail est régulièrement présenté dans le cadre d’expositions et d’importants festivals, notamment le Sundance Film Festival, le Festival du film de Cork et le Festival international du film de Rotterdam.

Jet (2003) — 6 min., son par Radian
À travers son travail filmique, Michaela Schwentner (1970) recherche d’une manière très épurée et dans un style minimal (bande son, couleur, compositions et motifs) l’idée de l’abstraction captée par l’image en mouvement. L’artiste offre de nouvelles pistes pour une réflexion sur la nature du film, de la vidéo et des images par ordinateur.

PETER WEIBEL
Peter Weibel (1944) a étudié la littérature, le cinéma, les mathématiques, la médecine et la philosophie à Vienne et à Paris. Il est artiste, commissaire et théoricien de l’art et des médias. Il examine à travers sa pratique la relation entre le médium et la construction de la réalité.

Abbildung ist ein Verbrechen (1970) — 1 min. 30 sec. 
Dans les jardins du château de Schönbrunn, ancienne demeure de l’empereur d’Autriche, Weibel décrit les processus de transfert d’un médium à l’autre.

Intervalle (1971) — 1 min. 
Dans le même jardin, une onde test sinusoidale — un son qu’on ne retrouve pas dans la nature et qui est utilisé pour les tests en télévision — baisse en intensité tandis qu’un téléviseur diffusant l’image de Abbildung ist ein Verbrechen disparaît dans la ligne de fuite.


Établi à Vienne, sixpackfilm est un distributeur respecté de vidéos et de films expérimentaux autrichiens. Index DVD, la maison d’édition de sixpackfilm, publie des collections de vidéos, de films et d’œuvres d’artistes. Index a généreusement accepté d’ouvrir son catalogue à Dazibao pour la présente exposition.

Artiste, musicien et à l’occasion commissaire, Steve Bates détient une maîtrise en arts visuels de l’Université Concordia. À partir du matériau sonore il élabore des projets évoquant des réseaux de communication ou qui mettent au jour des particularités propres à un lieu. Par le son, il mesure, ploie, ignore ou étire le temps, cherchant à moduler pour le spectateur l’expérience du lieu. Ses œuvres et performances ont été diffusées au Canada, aux États-Unis, en Europe et dernièrement au Sénégal. Son travail fera l’objet d’une exposition à Oboro à la rentrée 2014.

Le Révélateur a été mis sur pied en 2008 par le musicien montréalais Roger Tellier-Craig. Depuis 2010, il travaille en duo avec l’artiste vidéo Sabrina Ratté. Ensemble, ils utilisent un large éventail de technologies numériques et analogiques afin d’explorer les nombreuses possibilités associées à la rencontre de l’image vidéo et de la musique électronique.

Total Life est le projet solo de Kevin Doria, un des membres fondateurs du groupe Growing. Doria a collaboré à maintes reprises avec David Bryant (GY!BE), Jonathan Parant (Fly Pan Am) ainsi qu’avec le cinéaste Karl Lemieux. Total Life a sorti de nombreux albums avec les étiquettes Animal Disguise Records, Brownsounds, Debacle Records et, dernièrement, Important Records. Ses performances sont présentées partout en Amérique-du-Nord et en Europe.

Dans ses performances, Karl Lemieux utilise jusqu’à huit projecteurs 16 mm pour transformer des films en boucles en cours de projections. Il crée des superpositions successives d’images qu’il peint, décolore, raie, brûle et tranche avec une lame de rasoir. Dans ses mains, le celluloïd est littéralement détruit sous nos yeux, produisant des images incandescentes. C’est un travail qui s’inspire d’un dialogue entre le film et l’art sonore, qui se concentre sur un processus faisant appel à des sensations profondes.

 

Cette exposition a été organisée pour Dazibao par Steve Bates. Nous remercions Steve Bates, les artistes, sixpackfilm et Index DVD de leur généreuse collaboration ainsi que nos membres pour leur soutien.