Lorna Bauer et Jon Knowles
Rotations

Du 29 mai au 12 juillet 2014
Vernissage le 29 mai à 20 h

> Dossier de presse

 
Résidence de production-diffusion en collaboration
avec PRIM

Comme artistes individuels aux démarches distinctes mais complémentaires, nous avons réalisé, en collaboration, une exposition où sont examinées les pratiques recourant à un objectif — aujourd’hui devenues des institutions — ainsi que leurs qualités illustratives comme véhicules des données visuelles d’autres médias.

Le projet — un film très scénographié accompagné, en contrepartie, de photographies et de diapos — est une étude sur l’objet prenant la forme d’une mise en scène des gestes et des topologies de deux pratiques nettement délimitées : le cinéma et la poterie.

Cette enquête matérialiste s’opère par le déploiement de divers langages visuels et conventions filmiques : la vidéo d’art haute résolution (précisément comprise ici comme une méditation sur la « persistance de la
vision »), le cinéma structuraliste des années 1970 et le cinéma-vérité apparu vers le milieu du siècle dernier. Finalement, l’intention derrière cette collusion réfractaire de stratégies et de méthodes est de secouer et d’embrouiller la distinction entre sujet et objet.

En substance, l’exposition est constituée d’un film
16 mm créé dans l’esprit de l’école structuraliste du cinéma expérimental. Les praticiens de ce genre ont retiré le contenu expressif de l’œuvre et ont employé des mécanismes et techniques prédéterminés pour démystifier le processus cinématographique. Le présent film est un enregistrement en temps réel du mouvement d’un tour de potier et du tournage rythmique d’un récipient sur l’appareil. La caméra fait un lent zoom arrière pour révéler le façonnage d’un gros bol. Cette action souligne la relation entre deux mouvements circulaires simultanés lors de la présentation-exposition actuelle du film : l’un est issu du tour de potier (sur un axe horizontal mais saisi en contre-plongée par la caméra) et l’autre provient du passage du film dans la caméra comme telle puis dans le projecteur (tous deux sur un axe vertical). Incidemment, le temps requis par un céramiste d’expérience pour tourner un simple récipient équivaut à la durée d’une bobine de film de 100 pieds.

Bien que l’argile et ses variations artisanales semblent faire partie aujourd’hui d’un renouveau en art contemporain — et d’une dichotomie souvent reprise entre qualification (skilling) et déqualification
(deskilling) —, nous situons fermement notre exposition comme un refus de faire un choix, qui n’en serait pas un, entre qualification et déqualification. Nous affirmons plutôt ici la nécessité d’avoir un point de vue sur le monde qui soit à la fois oblique et rapproché.

Lorna Bauer & Jon Knowles


Lorna Bauer & Jon Knowles sont les récipiendaires de la bourse de production-diffusion offerte conjointement par PRIM et Dazibao. La bourse PRIM-Dazibao est remise chaque année à un artiste dont le travail, tout en soulevant des problématiques propres aux pratiques de l’image, n’a crainte de confronter celle-ci à l’audio, la vidéo ou le traitement numérique. Chih-Chien Wang (2005), Romeo Gongora (2006), Charles Stankievech (2007), Sophie Bélair Clément (2008), Benny Nemerofsky-Ramsay (2009), Michel Campeau (2010), Frédéric Lavoie (2010) et Steve Bates (2011) ont également bénéficié de la bourse.

Lorna Bauer et Jon Knowles remercient PRIM, La Mirage (Sophie Bélair Clément, Philippe Hamelin, Vincent Bonin), Eric Gingras, Mariana Frandsen, Mathieu Grenier, Dan Onieszeczko et Martin Dumas. Lorna Bauer remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec pour son soutien.

 
Dazibao remercie les artistes, PRIM et le Musée d’art contemporain de Montréal de leur généreuse collaboration ainsi que ses membres pour leur soutien.