Isabelle Pauwels
It’s like another planet put together in a very simple, easy to understand language

Du 29 mai au 12 juillet 2014
Vernissage le 29 mai 2014 à 20 h

> Dossier de presse

 

SESSION 6 le 29 mai à 18 h 30

L’artiste fera une présentation de ses œuvres et de sa démarche.

I don’t want to end up with something I already know

Il y a des systèmes de pensée tout faits, prêts à l’emploi, dont on connaît les rouages avant même qu’ils se soient mis en marche. De tels systèmes, à la structure archiconnue, réitèrent sans cesse les mêmes vérités, confinent aux mêmes rôles, favorisent la répétition des mêmes sempiternels clichés. Ces schèmes plus ou moins figés sont en quelque sorte la matière première d’Isabelle Pauwels. En les soumettant à un examen, un découpage et un montage extrêmement élaborés, elle cherche à les briser tout en s’assurant qu’on peut encore les reconnaître.

À travers une exploration pour le moins intense de la mise en scène, de la prise de vue et tout particulièrement du montage les œuvres vidéo d’Isabelle Pauwels reconfigurent des genres populaires comme les sitcoms, les films de famille ou le documentaire. Le mélange de performance et de réalisme documentaire met en lumière les relations tendues existant dans ses œuvres entre les conventions du récit et les interactions sociales quotidiennes.

Certaines des vidéos présentées ici ont d’abord existé sous forme d’installation. Le choix de les projeter dans une petite salle de cinéma souligne d’autant les liens profonds qu’elles entretiennent avec le cinéma. Cette succession dans le temps donne encore plus d’intensité à certaines des tropes qui contribuent d’une œuvre à l’autre à déconstruire le moule des genres. De l’écriture, au découpage, au tournage, au montage, c’est un exercice de désobéissance en règle.

L’exposition se présente en trois programmes. Le premier est articulé autour de la répétition qui, utilisée à la manière d’un motif musical, agit comme révélateur plutôt que comme redite. Le second programme est un défi lancé à tous les genres et à leur lot d’apparences par une grammaire cinématographique unique, un montage et une cadence effrénés. Le troisième programme met en scènes et détourne pêle-mêle la pornographie, l’histoire de la vidéo d’art à Vancouver, la comédie musicale, le documentaire et la téléréalité.

 

12 h 05  |  PROGRAMME 1 — Do-overs, redux, and fuck-ups

The Embellishers (2007) : Il est question de monnaie, de briquets, de harcèlement et d’éviction, alors que l’artiste et sa jumelle rejouent une série de confrontations survenues avec leurs voisins du quartier Downtown Eastside.

June 30 (2009) : La vidéo a longtemps imité le cinéma et le cinéma le théâtre. Des pelouses, des haies de laurier, des films de famille, des Noirs en haillons qui travaillent, des enfants blancs qui jouent. Une boucle parfaite dans laquelle grâce à un trucage les images de la banlieue nord-américaine imitent celles de l’Afrique coloniale des années 1950 mais où le lien d’un lieu et d’une époque à l’autre, du point de vue du récit, demeure incomplet.

B‑‑‑‑‑+‑‑‑‑+‑‑‑‑+‑‑‑‑‑E (2008) : La porno comme film structuraliste. Une série d’épiphénomènes, de répétitions, notamment l’ouverture et la fermeture incessantes d’une porte au fond du dernier cinéma porno de Vancouver viennent briser l’intégrité de la projection qui s’y déroule.

13 h 15  |  PROGRAMME 2 — I know it when I see it

Eddie (2005) : L’artiste relate son one-night avec Eddie mais le vrai sujet de l’œuvre se trouve plutôt du côté de l’auditoire et de son désir de croire — ou non — au récit qui lui est fait.

B & E (2009) : Une entrée par effraction métaphorique tournée caméra à l’épaule par l’artiste à la recherche d’une histoire parmi les objets familiers et la famille réunie dans la propriété de ses grands-parents décédés, lors de la liquidation de leurs biens.

W.E.S.T.E.R.N. (2010) : La mère de l’artiste discute du cirage des racines de caféier et s’interroge sur la signification d’une étampe sur le derrière d’une statuette nègre. L’imagerie coloniale et les interviews pourraient laisser croire à un documentaire classique mais le montage interrompt et fragmente sans relâche la pensée et les attentes du spectateur.

15 h 10  |  PROGRAMME 3 — Summer Stock

Triple Bill (2007) : Trois visites dans un cinéma xxx révèlent les impressions de l’artiste sur l’architecture, les films et la clientèle, le tout culminant dans une conversation avec M., un client, enregistrée à l’insu de celui-ci avec un micro espion.

LIKE…/AND, LIKE/YOU KNOW/TOTALLY/ RIGHT (2012) : Des personnages légendaires crées par des membres du centre Western Front dans les années 70 rencontrent leurs
descendants : une dominatrice blasée, un club d’adolescentes, les Kardashian et une aspirante actrice de téléréalité.


Née en Belgique à Kortrijk, Isabelle Pauwels vit à New Westminster, en Colombie-Britannique. Elle détient un baccalauréat du Emily Carr Institute of Art and Design (2001) et a complété en 2006 une maitrise à la School of the Art Institute de Chicago. Avant tout vidéographique, sa pratique englobe également la sculpture, le livre et la gravure. Ses recherches portent sur l’histoire de la télévision, les récits d’exploration coloniale de même que la culture propre à la téléréalité. Ses œuvres ont été largement diffusées notamment à The Power Plant (2011), à Western Front (2013) et au Musée des beaux-arts du Canada dans le cadre de l’exposition Storytelling. En 2013, elle était finaliste au prix Sobey. Elle est représentée par la galerie Catriona Jeffries.

Dazibao remercie l'artiste de sa généreuse collaboration ainsi que ses membres pour leur soutien.